Comment reconnaître un croisement ?

Cette question est souvent posée aux passionnés de Boa constrictor que nous sommes. La réponse est la suivante : dans le pire des cas, vous ne le reconnaissez pas du tout. Supposons qu’un « éleveur » croise une femelle de Boa c. constrictor du Suriname avec un mâle colombien de Boa c. imperator et qu’il en résulte une portée de 20 jeunes. Vous pouvez être certain qu’il y aura au moins un animal dans la portée qui ressemblera à la mère, qui possédera tous les caractères extérieurs d’un Boa c. constrictor du Suriname, et qui ne peut en être distingué physiquement. Il y aura aussi au moins un nouveau-né dans cette portée qui arborera toutes les caractéristiques de son père, et aura l’aspect d’un Boa c. imperator.
Cependant, si ces animaux sont plus tard reproduits, l’escroquerie sera rapidement découverte puisque les jeunes auront un aspect passablement multi-culturel.

Dans les petites annonces de la DGHT (Société Allemande d’Herpetologie), nous sommes récemment tombés sur la mention “… 100% souche pure” mais la légitimité d’une telle affirmation résiste rarement à un examen rigoureux. Des déclarations comme : “L’éleveur m’a assuré que les animaux étaient de race pure, mais je n’en ai pas la certitude”, ou comme : “… A en juger par le comportement des parents quand ils étaient nouveaux-nés, je peux dire que leurs parents avaient été prélevés dans la nature ” sont communes.

“Oh mei” (“Oh mon D…”), comme on dit en Bavière...

Par conséquent, il n’y a qu’un seul moyen d’être certain à cent pour cent : n’acheter qu’à des fournisseurs absolument fiables.

Ce qui suit est de la plus haute importance:
L’ascendance doit pouvoir être tracée jusqu’à l’aire de distribution !

Ce n’est que lorsque ceci est possible que vous pouvez être sûr d’acquérir un serpent dont la sous-espèce ET la localité sont authentiques.

Il en est de même en ce qui concerne la détermination des sous-espèces Boa c. constrictor et Boa c. imperator. Une détermination correcte ne peut être effectuée que si l’ascendance a été examinée de la sorte.

Malheureusement, il est dans la nature de l’homme de croire ce qu’il veut croire. C’est ainsi qu’on accorde facilement du crédit, sans preuve, à un vendeur qui prétend (par exemple) qu’un boa est un pur Boa c. imperator du Honduras, dès lors que l’animal se trouve offert à un prix raisonnable. Il convient de faire attention : parce que la demande pour des boas de souche pure a augmenté significativement ces dernières années, même le plus stupide des éleveurs de boas croisés sait ce qu’il faut dire pour réaliser une vente.

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Il faut ajouter que certains possesseurs et éleveurs de Boa constrictor ignorent que leur animal est un croisement. Ils jettent un œil au CITES et lisent Boa c. constrictor ou Boa c. imperator.  Eh bien, si le gouvernement établit cette classification, alors ça doit être vrai, non ? Non ! La plupart des agents administratifs en charge de ces certificats ne possèdent pas les connaissances qui permettent de distinguer un croisement d’un vrai Boa constrictor, et se contentent de retranscrire ce qu’affirme l’éleveur.

Parmi les éleveurs, des escrocs ont tiré avantage de cette circonstance. C’est ainsi qu’un boa croisé dont la queue est rouge devient rapidement un vrai « red-tail » du Suriname. Et si la queue n’est pas rouge ? Pas de problème ! Il sera proposé à la vente comme vrai Boa c. imperator.

De nombreux éleveurs de boas croisés sont prêts à jurer que leurs animaux sont de vrais Boa c. constrictor ou Boa c. imperator.

Ce serpent est la preuve vivante du fait qu’il est impossible, à partir du seul aspect extérieur, de dire d’un boa qu’il appartient à une vraie sous-espèce de Boa constrictor et qu’il n’est pas issu d’un croisement.
L’animal a l’aspect d’un vrai Boa c. constrictor de l’aire de distribution du Suriname, mais le père était un Colombian Boa c. imperator !
Vous pouvez vous figurer ce à quoi nous aurons à faire face dans l’avenir et peut-être comprenez-vous pourquoi nous utilisons presque exclusivement des animaux prélevés dans la nature ou élevés dans des fermes locales pour nos projets de reproduction.
Merci à Tom Burke de nous avoir fourni cette photo. Il n’a pas reproduit cet animal ; il l’a seulement acheté. Il ne partage toutefois pas complètement nos vues à ce sujet.